Qatar Prix Vermeille : La Grande Dame de l’automne

07 septembre 2017

Photo scoopdyga.com

Jusqu’à 2004, c’était la revanche du Prix de Diane sur la distance classique de 2.400 mètres pour les seules pouliches de 3ans. Depuis, elle a été ouverte aux femelles de 3 et 4 ans, et à toutes les femelles de 3ans et au-dessus. C’est donc devenu une version féminine du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, qui permet d'évaluer la qualité respective des générations, mais aussi un des trois tremplins programmés à trois semaines du grand rendez-vous avec deux autres courses sur la distance de 2.400 mètres, à savoir le Prix Niel (Gr2) pour les mâles de 3ans et le Prix Foy (Gr2) pour les chevaux d’âge, qui se déroulent le même jour.

Septembre, Chantilly

Qatar Prix Vermeille


Groupe 1 - Femelles de 3 ans et au-dessus, 2.400m, 350.000€

Créé en 1897

Record de la course : 2’26’’ en 2002 (PEARLY SHELLS)

Tenante du titre : BATEEL (f5, IRE, par Dubawi), appartenant à Al Asayl Bloodstock, élevée par Sultan bin Khalifa bin Zayed al Nahyan, entraînée par Francis Graffard et montée par PierreCharles Boudot.

La course se déroule en 2018 pour la 112ème fois.

 

Historique

Il fut créé en 1897. Il a présenté en 2004 une innovation majeure dans ses conditions, son ouverture aux femelles de 4 ans, étendue à partir de 2006 aux femelles de tout âge. Si Sweet Stream, âgée de 4 ans, l’emporta en 2004 devant deux de ses contemporaines, les 3 ans se sont rattrapées depuis puisqu’elles ont remporté 7 des quatorze éditions ouvertes, et 23 places sur le podium pour un total de 42 possibles. Les 4ans viennent ensuite avec l’essentiel des succès restants, à l’exception de celui de Trève, gagnante pour la deuxième fois en 2015 –elle est la seule à figurer deux fois au palmarès de la course, et de celui de la 5ans Bateel en 2017.

Le Qatar Prix Vermeille est donc devenu le mètre-étalon de chaque promotion de pouliches de 3 ans, confrontées à leurs aînées dans ce cadre pour déterminer de leur qualité.

Le Prix Vermeille ne fut pas couru de 1914 à 1918 et en 1939 et 1940 du fait de la guerre. Il fut couru au Tremblay en 1943 et 1944, puis à Chantilly en 2016 et en 2017. Une surcharge fut imposée aux gagnantes d’un certain prix jusqu’en 1954. Deux fois il y eut dead-heat (ex æquo), en 1961 entre Anne la Douce et Astola et en 1972 entre Paysanne et San San. Temps record : 2’ 26’’ par Pearly Shells en 2002, record frôlé en 2003 par Mezzo Soprano (2’ 26’’ 10), égalé en 2008 par Zarkava.

En 2009, Dar Re Mi, arrivée 1ère, a été rétrogradée à la 5ème place.

Vermeille

Femelle alezane née en 1853 chez Jules Verry à Bouze près de Beaune dans la Côte d'Or, fille de The Baron et Fair Helen, Vermeille fut d'abord nommée Merveille. Renommée Vermeille, elle porta les couleurs du comte Fernand de Montguyon dans le Prix du Jockey Club sans y jouer le moindre rôle. Elle dut se contenter de remporter trois modestes courses en province, deux à Châlons-sur-Marne et le Grand Prix de la Ville à Boulogne-sur-Mer. Achetée pour la reproduction par Henri Delamarre, elle se révéla une poulinière remarquable. Elle fut ainsi :

  • la mère de Vermout (Grand Prix de Paris 1864), Vertugadin (Grand Prix de Baden-Baden 1865),
  • la grand-mère de Versigny (Prix de Diane 1880), Verte Bonne (Prix de Diane 1883), Vernet (Grand Critérium 1882), Excuse (Prix du Cadran 1895) et Van Diemen (Grand Prix de Deauville 1897).

Le nom de cette « perle » du haras de Bois Roussel a été donné à cette course qui a longtemps permis aux meilleures pouliches de 3 ans de se rencontrer à l'automne sur la distance classique de 2.400 mètres, plus longue de 300 mètres que celle du Prix de Diane.

Partenariats

Le Prix Vermeille eut comme première marraine en 1991 la maison de couture Escada. Après trois années de partenariat, il y eut une vacance de 1994 à 1999. De 2000 à 2007, le Prix Vermeille a bénéficié du partenariat du groupe Barrière. Depuis 2008, la course est parrainée, comme le week-end du Prix de l’Arc de Triomphe et la réunion des Arc Trials dont le Prix Vermeille est une tête d’affiche, par le Qatar via le Qatar Racing and Equestrian Club.

Doublés et revanches

Vingt-six pouliches sont parvenues à gagner les deux courses : Semendria (1900), La Camargo (1901), Profane (1904), Médéah (1908), Moïa (1913), Quoi ? (1923), Dorina (1926), Commanderie (1930), Pearl Cap (1931), Mistress Ford (1936), Vigilance (1942), Nikellora (1945), Pirette (1946), Corteira (1948), Bagheera (1949), Roselière (1968), Pistol Packer (1971), Allez France (1973), Mrs Penny (1980), Northern Trick (1984), Jolypha (1992), Carling (1995), Daryaba (1999), Aquarelliste (2001), Zarkava (2008), Stacelita (2009) et Trêve (2013). Deux pouliches n'ayant pas disputé le Prix de Diane mais ayant remporté les Oaks à Epsom ont été ensuite victorieuses dans le Prix Vermeille. Ce sont Bella Paola (1958) et Monade (1962).

Quatorze pouliches placées deuxième dans le Prix de Diane ont pris leur revanche en gagnant le Prix Vermeille : Isola Bella (1924), Merry Girl (1928), Longthanh (1941), La Belle du Canet (1944), La Mirambule (1952), Astaria (1964), Saraca (1969), Highest Hopes (1970), Three Troikas (1979), Magic Night (1991), Volvoreta (2000), Mrs Lindsay (2007), Galikova (2011) et Left Hand (2016).

Pour une pouliche c'est l'exploit de remporter successivement en mai la Poule d'Essai (1.600 mètres), en juin le Prix de Diane (2.100 mètres) et en septembre le Prix Vermeille (2.400 mètres). Seulement six pouliches sont parvenues à réaliser un tel exploit : Semendria (1900), La Camargo (1901), Pearl Cap (1931), Corteira (1948) Allez France (1973) et Zarkava (2008).

Sept lauréates du Prix Vermeille ont gagné le Prix de l'Arc de Triomphe. Six la même année : Pearl Cap (1931), Nikellora (1945), San San (1972), Three Troikas (1979), Zarkava (2008) et Trêve (2013). Deux sur deux ans : Allez France (1974) et All Along (1983). A remarquer en 2012, Solemia, future lauréate du Prix de l’Arc de Triomphe n’avait pu obtenir que la troisième place dans le Prix Vermeille. Trève a aussi terminé 4ème du Qatar Prix Vermeille en 2014, à 4 ans, avant de remporter le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe trois semaines plus tard.

Les visiteuses

Le Prix Vermeille commença à retenir l'attention des entraîneurs étrangers à partir des années 60. La première visiteuse victorieuse fut en 1965 Aunt Edith, entraînée par Noël Murless et montée par Lester Piggott. Cinq ans plus tard Highest Hopes - qui avait dû baisser pavillon devant l'irlandaise Sweet Mimosa dans le Prix de Diane - trouva une belle compensation à Longchamp. Elle était entraînée par le major William Hern. Troisième victoire britannique en 1980 avec Mrs Penny (entraînée par Ian Balding) qui confirma son succès de Chantilly. En 1987, les françaises sont écrasées par les visiteuses avec, à leur tête, Bint Pasha une pensionnaire de Paul Cole. En 1990, victoire à l'arrachée de la championne Salsabil (Mille Guinées, Oaks, Derby irlandais) entraînée par John Dunlop. Sixième succès en 1996 avec My Emma (entraînée par Rae Guest). En 1998, autre victoire d'une pensionnaire de John Dunlop, Leggera qui devance sa compatriote Cloud Castle. Huitième victoire étrangère en 2003 avec Mezzo Soprano (entraînée par Saeed Bin Suroor) qui arrache la victoire d’une tête à l’irlandaise Yesterday. Enfin neuvième succès étranger en 2010 grâce à la 4 ans Midday, entraînée par Henry Cecil, devançant sa contemporaine Plumania (déjà seconde en 2009) et Sarafina, lauréate du Prix de Diane.

Étalons

L'étalon anglais Dubawi était représenté par les trois premières à l'arrivée de l'édition 2017 avec Bateel, Journey et Left Hand, qui avait gagné la course un an plus tôt...

Propriétaires

  • Marcel Boussac (7 victoires) : Durban (1921), Merry Girl (1928), La Circé (1933), Corteira (1948), Janiari (1956), Arbencia (1957) et Astola (1961, dead-heat).
  • Karim Aga Khan (6 victoires) : Sharaya (1983), Darara (1986), Daryaba (1999), Shawanda (2005), Zarkava (2008) et Shareta (2012). 
  • Daniel Wildenstein (5 victoires) : Allez France (1973), Paulista (1974), All Along (1982), Walensee (1985) et Aquarelliste (2001).
  • Famille Rothschild (5 victoires) : Stearine (1919), Tonnelle (1937), Haltilala (1966), Paysanne (1972, dead-heat) et Indian Rose (1988).
  • Famille Wertheimer (4 victoires): Ivanjica (1975), Dancing Maid (1978), Galikova (2011), Left Hand (2016)

Entraîneurs

  • Alain de Royer-Dupré (7 victoires) : Sharaya (1983), Darara (1986), Daryaba (1999), Shawanda (2005), Mandesha (2006), Zarkava (2008) et Shareta (2012). 
  • Frank Carter (5 victoires) : Dorina (1926), Samphire (1927), Calandria (1929), Pearl Cap (1931) et Mistress Ford (1936).
  • François Mathet (4 victoires): Bella Paola (1958), Golden Girl (1963), Casaque Grise (1967) et Saraca (1969).
  • Alec Head (3 victoires) : Pistol Packer (1971), Ivanjica (1975) et Dancing Maid (1978).
  • François Boutin (3 victoires) : Lagunette (1976), April Run (1981) et Northern Trick (1984).
  • Christiane Head-Maarek (3 victoires): Three Troikas (1979) et Trêve (2013, 2015).
  • André Fabre (3 victoires): Jolypha (1992), Intrepidity (1993), Baltic Baroness (2014).

Deux entraîneurs ont sellé les trois premières de l’épreuve, Geoffroy Watson (1964, Astaria, Dreida, La Bamba) et André Fabre (1993, Intrepidity, Wemyss Bight, Bright Moon).

Jockeys

  • Yves Saint-Martin (7 victoires) : Golden Girl (1963), Casaque Grise (1967), Saraca (1969), Allez France (1973), Paulista (1974), Sharaya (1983) et Darara (1986).
  • Christophe Soumillon (4 victoires): Pearly Shells (2002), Shawanda (2005), Mandesha (2006) et Zarkava (2008).