Qatar Prix du Moulin : Ultime sommet sur le mile

07 septembre 2017

Photo scoopdyga.com

Disputé quatre semaines après le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard Jacques le Marois de Deauville, le Qatar Prix du Moulin de Longchamp est l’occasion d’une revanche puisqu’il s’adresse aux mêmes chevaux de 3 ans et plus sur la distance de 1.600 mètres, mais pas en ligne droite cette fois ! À ce titre, c’est un championnat à part entière, et non une course préparatoire au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, même s’il est disputé dans le cadre de la réunion dite des Arc Trials. C’est même une finale car en France, c’est le dernier rendez-vous de Groupe 1 pour ces générations et sur cette distance.

Septembre, Chantilly*

Qatar Prix du Moulin de Longchamp


Groupe 1 – 3ans et au-dessus, 1.600m, 450.000 €

Créé en 1957

Record de la course : 1’35’’20 en 1999 (SENDAWAR)

Tenant du titre : RIBCHESTER (m4, IRE par Iffraaj), appartenant à Godolphin, élevé par A. Thompson et M. O'Brien, entraîné par Richard Fahey et monté par james Doyle.

La course de déroule en 2018 pour la 62ème fois.

Créé en 1957, ce prix est couru sur la grande piste depuis 1987. Temps record : sur la moyenne piste 1'34''90 en 1982 par Green Forest ; sur la grande piste 1'35''20 en 1999 par Sendawar. La course se déroule à Chantilly en 2016 et en 2017 pendant les travaux à Longchamp.

Historique

C'est à l'occasion du centenaire de l'hippodrome de Longchamp, ouvert en 1857, que la Société d'Encouragement créa deux épreuves importantes pour rehausser le prestige de la journée du Prix de l'Arc de Triomphe. Il s'agit du Prix de l'Abbaye de Longchamp et le Prix du Moulin de Longchamp. Si la première épreuve est toujours au programme de la réunion de l'Arc, le Prix du Moulin a subi deux changements. De 1974 à 1979, il a été avancé d'une semaine pour devenir l'épreuve principale du dernier dimanche de septembre. Et en 1980, il a été transféré au premier dimanche de septembre dans le cadre du réaménagement du calendrier européen des épreuves sur 1.600 mètres. Pour éviter la concurrence entre les Sussex Stakes et le Prix Jacques Le Marois d'une part, le Prix du Moulin de Longchamp et les Queen Elizabeth II Stakes d'autre part, il fut décidé de reculer le Jacques Le Marois à la mi-août et d'inscrire le Prix du Moulin au premier dimanche de septembre à la place du Prix du Rond Point. Ainsi un même cheval pourrait (raisonnablement) gagner les quatre courses. Le XXème siècle ne verra pas la réalisation d'un tel exploit. Toutefois le Prix du Moulin prend place depuis 2011 lors du second dimanche de septembre au cours de la prestigieuse réunion rassemblant à Longchamp le Prix Vermeille et quatre autres courses de groupe dont les préparatoire au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, dans le cadre de la réunion dite des Arc Trials.

Le Moulin de Longchamp

Le moulin, tel qu'on peut le voir aujourd'hui dans l'enceinte de l'hippodrome, fit partie d'un monastère - situé face au bac de Suresnes - dont le roi Saint-Louis posa la première pierre le 12 juin 1256. Ce moulin fut démoli avec l'abbaye lorsque les religieuses furent expulsées par la Révolution. Il fut reconstruit sur son soubassement lors des travaux d'aménagement de l'hippodrome en 1856. Il perdit une aile et sa toiture lors du bombardement du 4 avril 1943 mais fut remis en état en 1949.

Partenariat

C'est en 1986 que le Prix du Moulin de Longchamp trouva un premier parrain, en l'occurrence l'Ecurie Fustok. Après trois années de partenariat, il y eut une vacance en 1989 puis le relais fut pris en 1990 par « The Emirates » (EAU, Emirats Arabes Unis) qui unirent jusqu'en 2000 leur nom à la course. En 2002, se présente un nouveau parrain, NETJETS, une compagnie d'aviation américaine spécialisée dans la vente de l'utilisation d'avion privé en copropriété. En 2007, la course a été parrainée par le Qatar, ce qui a permis d’élever l’allocation de 300 000 à 400 000 euros, puis à 450.000 € en 2010.

Les femelles

Elles jouent un rôle très important dans cette course. Non seulement elles remportèrent les trois premières éditions, mais elles totalisent (sur soixante ans) 22 victoires, 18 réalisées par des 3 ans, et quatre par des 4 ans. Ce pourcentage de victoires (36,7 %) est très supérieur à celui (28,25 %) qu'elles ont obtenu dans le Prix Jacques Le Marois sur près de cent ans. Parmi les gagnantes du Moulin, on relève des noms célèbres, tels ceux de Rose Royale (1957), Ginetta (1959), Hula Dancer (1963), Pola Bella (1968), Sanedtki (1978), Luth Enchantée (1983), Miesque (1987), Ridgewood Pearl (1995) ), Nebraska Tornado (2003), Grey Lilas (2004), Darjina (2007) et Goldikova (2008).

Marois et Moulin

Durant leurs cinquante-six années de vie commune les Prix Jacques Le Marois et du Moulin de Longchamp ont eu le même vainqueur à onze reprises. Ce furent Hula Dancer (1963), Gravelines (1976), Irish River (1979), North Jet (1981), Luth Enchantée (1983), Miesque (1987), Polish Precedent (1989), Priolo (1990-1991), Spinning World (1997), Librettist (2006) et Ribchester (2016-2017). Ce doublé fut réalisé à 3 ans sauf par Gravelines, North Jet, Spinning World et Librettist (2006) à 4 ans et par Priolo et Ribchester, lauréats à Deauville à 3 ans et dans le Moulin à 4 ans.

Les visiteurs

Dès sa deuxième édition, le Prix du Moulin fut l'objet de la convoitise d'un visiteur, l'allemand Orsini dont l'assaut fut toutefois repoussé d'une demi-longueur par la pouliche Lilya. C'est en 1962 qu'on enregistre la première des 20 victoires que les visiteurs vont obtenir. Il s'agit de l'anglais Romulus suivi de peu par l'irlandais Red Slipper (1965). Les étrangers prennent goût au Moulin ce qui leur vaut quatre victoires en cinq ans avec Habitat (1969), Gold Rod (1970), Sallust (1972) et Sparkler (1973). Après une décennie de répit, les offensives des visiteurs se font pressantes et vont se révéler victorieuses dans une proportion d'une sur deux de 1985 à 2016 grâce à Roussillon (1985), Sonic Lady (1986), Distant Relative (1990), All at Sea (1992), Ridgewood Pearl (1995), Desert Prince (1998), Indian Lodge (2000), Slickly (2001) et Rock of Gibraltar (2002) et Starcraft (2005), Librettist (2006), Aqlaam (2009), Excelebration (2011) et Ribchester (2017).

Propriétaires

  • Aga Khan (7 victoires) : Rose Royale (1957), Ginetta (1959)Silver Shark (1966), Ashkalani (1996), Sendawar (1999) et Ervedya (2015).
  • Famille Niarchos (5 victoires) : Miesque (1987), Kingmambo (1993), Mendez (1984), Spinning World (1997) et Maxios (2013).
  • Daniel Wildenstein (3 victoires): Faraway Son (1971), Mount Hagen (1974) et Gravelines (1976).
  • Serge Fradkoff (3 victoires) : Sanedtki (1978), Kilijaro (1980) et North Jet (1981).
  • Mohammed Al Maktoum (3 victoires) : Sonic Lady (1986), Soviet Star (1988) et Polish Precedent (1989).
  • Khalid Abdullah (3 victoires) : Roussillon (1985) , All At Sea (1992) et Nebraska Tornado (2003).

Entraîneurs

  • André Fabre (6 victoires) : Soviet Star (1988), Polish Precedent (1989), Ski Paradise (1994), Nebraska Tornado (2003), Grey Lilas (2004), Vadamos (2016).
  • François Boutin (5 victoires) : Delmora (1975), Mendez (1984), Miesque (1987), Priolo (1991) et Kingmambo (1993).
  • François Mathet (4 victoires) : Lilya (1958), Mirna (1964), Silver Shark (1966) et Pola Bella (1968).

Jockeys

  • Cash Asmussen (6 victoires) : Mendez (1984), Soviet Star (1988), Polish Precedent (1989), Kingmambo (1993), Spinning World (1997) et Indian Lodge (2000).
  • Yves Saint-Martin (4 victoires) : Silver Shark (1966), Pola Bella (1968), Faraway Son (1971) et Gravelines (1976).
  • Lester Piggott (3 victoires) : Habitat (1969), Gold Rod (1966) et Sparkler (1973).
  • Maurice Philipperon (3 victoires): Pharly (1977), Irish River (1979) et Luth Enchantée (1983).
  • Freddy Head (3 victoires) : Kilijaro (1980), North Jet (1981) et Miesque (1987).
  • Gérald Mossé (3 victoires): Priolo (1991), Ashkalani (1996) et Sendawar (1999).