Les métiers liés à la carrière du cheval
L’univers des courses génère un éventail de professions spécifiques et passionnantes, mais souvent méconnues.
L’éleveur
Il est le premier maillon de la chaîne des courses. Dans son haras, il établit pour ses juments le meilleur croisement possible en choisissant des étalons en fonction de critères déterminés. Il surveille la gestation (11 mois) et prépare ensuite les poulains (appelés «foals» jusqu’à 1 an), dès leur naissance, à devenir de futurs athlètes en surveillant leur croissance. Les poulains quittent le haras à l’âge de 1 an, un grand nombre passant aux «ventes de yearlings», pour être débourrés vers 18 mois, puis entraînés.
L’étalonnier
Cet homme d’expérience a la charge des étalons stationnés dans les haras. Ce sont des sujets au caractère ombrageux, voire dangereux. Durant la saison de monte, au printemps, l’étalonnier fait saillir des juments à ses reproducteurs deux à quatre fois par jour. Chez les pur-sang, l’insémination artificielle est strictement prohibée.
Le dresseur – débourreur
Son rôle est de débuter l’entraînement de poulains, âgés de 18 mois à 2 ans, en les habituant au port de la selle et à supporter le poids d’un cavalier, puis à galoper sur une piste et à suivre les instructions d’un jockey.
L’entraîneur
Il a la lourde tâche de juger de l’aptitude du cheval à la compétition et de la mettre en valeur. Véritable préparateur physique et psychique du cheval, il doit l’amener progressivement à exprimer tout son potentiel grâce à un programme spécifique adapté à ses capacités.
Le premier garçon
Très qualifié et expérimenté, le premier garçon est l’adjoint de l’entraîneur et l’assiste dans la gestion logistique et humaine. C’est à lui de veiller à la santé des chevaux et au bon déroulement du travail matinal. Il est souvent le premier arrivé le matin, et le dernier parti !
Le garçon de voyage
Personnel de l’écurie, il est chargé du déplacement des chevaux sur les hippodromes : sur place, il doit suivre toutes les étapes de la journée de compétition de son cheval. Il peut être amené à représenter l’entraîneur si celui-ci et son premier garçon sont absents.
Le cavalier d’entraînement
Le cavalier d’entraînement est le compagnon quotidien du cheval. Il monte les chevaux à l’entraînement, leur apporte les soins quotidiens et assure l’entretien des écuries. Il bénéficie d’une prime de participation aux gains de l’écurie. Il est en général jeune, issu d’une formation sanctionnée par un CAP Agricole et il s’agit souvent d’un ancien apprenti-jockey qui n’est pas passé professionnel. La profession est actuellement en train de se féminiser.
Le jockey
Son activité physique l’assimile, sur le plan sportif, à un athlète de haut niveau astreint à une discipline de vie rigoureuse. Son métier est d’une très grande exigence et comporte des risques réels, particulièrement en obstacle. Au cours de sa carrière, le jockey monte sous les couleurs de différents propriétaires, mais il peut également monter sous contrat pour un propriétaire.
Le jockey doit allier qualités techniques (ce qu’on appelle la «main»), intellectuelles (sens tactique) et physiques. En plat, un jockey s’astreint à peser autour de 52 kilos et en obstacle autour de 61 kilos. Il doit tout à la fois respecter les instructions tactiques de l’entraîneur et parer le mieux possible aux aléas de la course, celle-ci se jouant en moyenne sur 2 minutes !
Le vétérinaire
Pour le compte des propriétaires, il est responsable de la santé des chevaux. Pour le compte de l’Institution des courses, un vétérinaire de service est présent lors de chaque réunion de courses pour assurer les urgences, contrôler l’identité des partants, la validité des vaccinations, et veiller à leur confort sur l’hippodrome. Un autre vétérinaire assure les prélèvements biologiques pour contrôler l’absence de substances prohibées.
Le maréchal-ferrant
«No feet, no horse», l’expression anglaise traduit le rôle prépondérant du professionnel chargé de s’occuper des sabots et, bien sûr, d’y apposer des fers. Aujourd’hui, sa tâche s’apparente plus à l’adaptation de fers fabriqués en série. Il peut également assurer la pose de ferrures orthopédiques. Son travail est déterminant pour les qualités et l’équilibre du cheval, ses aplombs et son aisance à se déplacer. En fer ou en aluminium, les fers sont cloués ou collés, ils varient en fonction de la physiologie du cheval et de son activité (période de repos ou de compétition).
Habileté manuelle et expérience du contact avec le cheval sont les qualités requises pour exercer ce métier. En France, le futur maréchal-ferrant doit suivre une formation spécialisée dans l’un des 180 centres de formation aux métiers du cheval. Cette formation sanctionnée par un diplôme d’Etat dure deux ans. Elle est souvent suivie d’une spécialisation et de stages dans de grandes écuries. Aujourd’hui, ils sont près de 1 000 à exercer cette profession ancestrale et sont, pour la plupart, installés dans les régions d’éleveurs comme la Normandie ou le Sud-Ouest. Quelques-uns d’entre eux ont reçu une formation d’orthopédie équine, une spécialité rare et recherchée.
Le nutritionniste équin
Cette profession de diététicien est encore très expérimentale. Le cheval de course a besoin d’une nourriture hyper énergétique pour rester en forme tout au long de l’année. A l’exception des jours de courses, où il n’est nourri que le soir, le pur-sang fait trois repas par jour composé de 12 litres/jour d’avoine, mais aussi de luzerne, de carottes, de pommes et d’artichaut, parfois du «mash», servi tiède (mélange cuit d’orge, de son et de graines de lin, de carottes et de pommes), et du foin (le meilleur étant celui de la Plaine de Crau, en Camargue).
Le bourrelier
Le bourrelier répare les harnachements, les selles et tous les accessoires en cuir utilisés pour l’entraînement et les courses. Il s’agit d’un véritable artisan et sa profession tend malheureusement à disparaître comme la plupart des métiers artisanaux.
Le handicapeur
Handicap est un mot dérivé de «Hand in Cap», une règle de jeu d’origine britannique qui consistait à tirer au hasard un poids et un numéro pour chaque cheval.
Au sein de France Galop, le handicapeur est chargé de hiérarchiser les valeurs de tous les chevaux de course en fonction des performances qu’ils ont démontrées et d’établir les handicaps (notamment pour les Quinté +) en attribuant un poids afin de laisser sa chance de gagner à chacun. Cette hiérarchisation des valeurs évolue au fur et à mesure des courses courues. Plus la valeur d’un cheval est élevée et plus il devra porter de poids.
L’échelle des valeurs est donnée en kilos, de 17 à plus de 55 en plat et de 48 à 87 en obstacle. Le poids porté par le cheval est la somme de sa valeur et de la référence retenue pour le handicap. Les poids s’échelonnent en plat de 51 à 65 kilos et en obstacle de 61 à 75 kilos.
Ex :
Valeur du cheval : 35
Référence du handicap : 20
Poids attribué au cheval : 35 + 20 = 55 kilos
Si le jockey pèse 53 kilos, son équipement (selle avec éventuellement des plaques de plomb) devra peser deux kilos pour que le cheval porte 55 kilos.